L’essentiel
- Depuis le 1er janvier 2024, tout restaurant et toute cantine doivent trier leurs biodéchets à la source, sans seuil de quantité.
- Une gestion efficace se joue dans cet ordre : réduire le gaspillage, puis trier par zone (cuisine, plonge, self), puis valoriser (compost ou collecte).
- Le bon équipement dépend de chaque zone : bacs à biodéchets en cuisine, tri sélectif en salle, signalétique claire pour les convives.
- Vous montez un projet de tri pour votre établissement ? Notre équipe vous conseille et vous remet un devis gratuit sous 48h.
Un restaurant et une cantine d’entreprise produisent chaque jour deux grandes familles de déchets : les déchets alimentaires (épluchures, restes d’assiette, denrées périmées) et les déchets d’emballage (cartons, plastiques, verre, métal). Les premiers représentent souvent un tiers du volume total, et ils sont désormais encadrés par une obligation précise. Voici comment organiser leur gestion sans y passer vos journées, et en restant conforme.
Ce que la loi impose aux restaurants et aux cantines
Le tri des biodéchets à la source, obligatoire depuis 2024
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets s’applique à tous les professionnels, quelle que soit la quantité produite. L’obligation ne vise plus seulement les gros producteurs (le seuil de 5 tonnes par an, en vigueur en 2023, a disparu) : un petit restaurant comme une cantine de plusieurs centaines de couverts sont concernés de la même façon. Cette règle découle de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (loi AGEC du 10 février 2020) et de la directive-cadre européenne sur les déchets.
Concrètement, vos déchets alimentaires ne doivent plus partir avec les ordures ménagères. Vous devez les séparer dès leur production et les orienter vers une filière de valorisation : compostage ou collecte séparée. En cas de contrôle, gardez vos justificatifs (contrat de collecte, attestations de valorisation). Le non-respect du tri expose à une sanction (contravention de 4e classe, jusqu’à 750 €).
Le gaspillage alimentaire : une obligation pour la restauration collective
Au-delà du tri, la restauration collective a une obligation de réduction du gaspillage. La loi AGEC fixe un objectif national de moins 50 % de gaspillage alimentaire d’ici 2025 par rapport à 2015. Dans la pratique, cela passe par un diagnostic des pertes (à chaque étape : achat, préparation, service, consommation) et un plan d’action.
Les sites les plus importants ont une contrainte supplémentaire : les établissements préparant plus de 3 000 repas par jour doivent proposer une convention de don à une association d’aide alimentaire habilitée. Et dans tous les cas, il est interdit de rendre volontairement impropres à la consommation des denrées encore consommables.
Réduire avant de trier : commencer par le gaspillage
Le déchet le plus simple à gérer est celui qu’on ne produit pas. Avant d’investir dans des bacs, regardez où part la nourriture. Dans une cantine, le gaspillage se concentre sur trois points : la surproduction (on cuisine plus que nécessaire), les portions servies (trop généreuses pour une partie des convives) et les restes d’assiette.
Quelques leviers concrets et peu coûteux : ajuster les quantités produites grâce au suivi des effectifs réels, proposer deux tailles de portions au self, peser les restes d’assiette pendant une semaine pour identifier les plats les moins consommés, et travailler le menu en conséquence. Une cantine qui sert 300 couverts par jour, avec une moyenne de 100 à 150 g de déchets alimentaires par repas, génère vite plusieurs dizaines de kilos de biodéchets quotidiens : chaque pourcentage de gaspillage évité allège directement le volume à trier et à valoriser.

Organiser le tri zone par zone
Un tri efficace n’est pas une grande poubelle à la fin du service : c’est un circuit pensé pièce par pièce, de la livraison à la plonge. Voici comment le structurer.
En réception et stockage
Le tri démarre dès l’arrivée des marchandises. Les cartons et films plastiques d’emballage se trient immédiatement à la réception, avant même le stockage. Cela évite qu’ils encombrent les zones de production et se mélangent aux déchets alimentaires.
En cuisine
C’est la zone où se concentrent les biodéchets : épluchures, parures, fonds de casserole, denrées périmées. Prévoyez un bac à biodéchets dédié à portée de poste de découpe et de cuisson, distinct des emballages. L’objectif est qu’un geste de tri ne demande aucun détour : si le bac n’est pas à moins de deux pas, le tri ne se fait pas. Des modèles mobiles facilitent le transfert vers le local de stockage des déchets.
En plonge et au retour des plateaux
Le retour des plateaux (au self) ou de la plonge est le second gros gisement de déchets alimentaires : ce sont les restes d’assiette. Une table de tri ou un poste de désassemblage permet de séparer les restes alimentaires, la vaisselle et les emballages jetables. C’est aussi le meilleur endroit pour mesurer le gaspillage réel.
En salle et au self (les convives)
Si vous demandez aux convives de trier eux-mêmes, le dispositif doit être évident. Quelques règles : pas plus de trois ou quatre flux à distinguer, des bornes de tri avec une couleur et un pictogramme par flux, et une signalétique au-dessus de chaque ouverture. Au-delà de quatre catégories, le taux d’erreur grimpe et le tri perd son intérêt.
Choisir le bon équipement de tri
L’équipement se choisit zone par zone, pas en une seule fois. En cuisine, on privilégie des bacs robustes, lavables et faciles à déplacer vers le local déchets. En salle et au self, on mise sur des bornes ou meubles de tri pensés pour le public, avec une signalétique normalisée par couleur. Pour les autres déchets de l’établissement (papier, carton, plastique, verre, métal), le tri « 5 flux » s’organise en parallèle : c’est une obligation distincte qui concerne les déchets non-alimentaires. Nous détaillons ce point dans notre article sur l’obligation de tri en 5 flux.
Le bon dimensionnement dépend de trois paramètres : le volume produit, la fréquence de collecte et l’espace disponible. Une zone de passage intense privilégiera des modèles à pédale (hygiène, mains libres) ou des poubelles de tri mobiles faciles à vider. Si vous hésitez sur les capacités et le nombre de bacs, notre équipe peut établir une configuration adaptée à votre établissement.

Valoriser : compostage sur place ou collecte séparée
Une fois triés, les biodéchets doivent être valorisés. Deux voies existent, et le choix dépend de votre volume, de votre espace et de votre temps.
| Critère | Compostage sur place | Collecte séparée par un prestataire |
|---|---|---|
| Principe | Vous transformez vos biodéchets en compost dans l’établissement | Un prestataire collecte vos bacs et valorise (compost, méthanisation) |
| Idéal pour | Espace extérieur disponible, volume maîtrisé | Volumes importants, absence d’espace, centre-ville |
| Contraintes | Espace dédié, suivi par une personne formée, matériel | Contrat, coût de collecte, bacs aux normes |
| Délai | Compost utilisable après 9 à 12 mois environ | Pas de gestion de la maturation en interne |
Embarquer les équipes
Le meilleur dispositif ne vaut rien si le tri n’est pas adopté au quotidien. Trois leviers fonctionnent bien : une consigne visuelle affichée à chaque poste (quoi dans quel bac), une formation courte à la prise de poste, et un référent tri par service qui répond aux questions et corrige les erreurs. Les premières semaines demandent un peu de vigilance ; ensuite, le geste devient automatique.
FAQ
Le tri des biodéchets est-il obligatoire pour tous les restaurants et cantines ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2024, l’obligation de trier les biodéchets à la source s’applique à tous les professionnels, sans seuil de quantité. Un petit restaurant est concerné au même titre qu’une grande cantine collective.
Quels déchets alimentaires faut-il trier exactement ?
Tous les déchets de cuisine et de table : épluchures, parures, restes de préparation, restes d’assiette, denrées périmées, marc de café, ainsi que les serviettes en papier souillées de nourriture. Les huiles alimentaires usagées relèvent d’une filière dédiée et doivent être confiées à un collecteur agréé.
Composteur sur place ou collecte par un prestataire : que choisir ?
Le compostage convient si vous disposez d’un espace extérieur, d’un volume maîtrisé et de temps pour le suivi. La collecte séparée est plus adaptée aux volumes importants, aux établissements en centre-ville ou sans espace extérieur. Les deux solutions sont conformes ; on peut aussi les combiner.
Combien de bacs de tri faut-il dans une cuisine professionnelle ?
Il n’y a pas de chiffre universel : cela dépend du volume produit, de la fréquence de collecte et de l’agencement. La règle de base est qu’un bac à biodéchets soit toujours à portée immédiate des postes de production, distinct des emballages. Mieux vaut plusieurs petits points de tri bien placés qu’un seul gros bac éloigné.
Quel est le risque en cas de non-respect de l’obligation de tri ?
Le non-respect du tri à la source des biodéchets constitue une contravention de 4e classe, avec une amende pouvant aller jusqu’à 750 €. En cas de contrôle, vous devez pouvoir présenter des justificatifs (contrat de collecte, attestations de valorisation).
Comment réduire le gaspillage alimentaire dans une cantine d’entreprise ?
En agissant à la source : ajuster les quantités produites au nombre réel de convives, proposer plusieurs tailles de portions, peser les restes pour repérer les plats peu consommés et adapter les menus. La restauration collective a d’ailleurs un objectif réglementaire de réduction de 50 % du gaspillage d’ici 2025.
Une gestion efficace des déchets alimentaires tient en une logique simple : réduire ce qu’on peut, trier le reste au plus près de sa production, puis le valoriser. Le tout commence par le bon équipement, au bon endroit. Pour dimensionner votre installation et choisir vos bacs et bornes de tri, demandez votre devis gratuit : notre équipe vous rappelle sous 48h pour en discuter, sans engagement.













