L’essentiel
- Depuis 2016, toute entreprise collectée par un prestataire privé, ou qui produit plus de 1 100 litres de déchets par semaine, doit trier à la source papier/carton, métal, plastique, verre et bois.
- La liste s’est allongée : fraction minérale et plâtre en 2021, textiles au 1er janvier 2025, biodéchets pour tous les professionnels depuis le 31 décembre 2023.
- Votre prestataire vous remet chaque année, avant le 31 mars, une attestation des quantités valorisées. L’administration peut aussi exiger un audit.
- En cas de manquement, l’amende administrative peut atteindre 150 000 € après mise en demeure.
Article mis à jour en octobre 2026.
Le tri des déchets en entreprise n’est plus une démarche volontaire. En dix ans, la France est passée d’une obligation limitée à cinq matériaux à un tri à la source qui couvre neuf flux, biodéchets compris. Voici les textes qui comptent, ce qu’ils imposent concrètement à votre structure, et comment vous mettre en règle sans y passer des semaines.
Les lois sur le tri des déchets en France : la chronologie
Les obligations actuelles se sont construites par couches successives. Chaque texte a élargi la liste des déchets à trier ou durci les contrôles.
| Date | Texte | Ce qui change pour les professionnels |
|---|---|---|
| 17 août 2015 | Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (TEPCV) | Fixe des objectifs nationaux de réduction et de valorisation des déchets. |
| 10 mars 2016 | Décret n° 2016-288, dit « décret 5 flux » | Tri à la source obligatoire du papier/carton, du métal, du plastique, du verre et du bois. |
| 10 février 2020 | Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) | Renforce les sanctions et généralise le tri à la source des biodéchets. |
| 16 juillet 2021 | Décret n° 2021-950, dit « décret 7 flux » | Ajoute la fraction minérale et le plâtre, puis les textiles au 1er janvier 2025. |
| 1er janvier 2023 | Seuil biodéchets abaissé | Concerne les producteurs de plus de 5 tonnes de biodéchets par an (contre 10 tonnes auparavant). |
| 31 décembre 2023 | Généralisation des biodéchets (art. L. 541-21-1 du Code de l’environnement) | Tous les producteurs de biodéchets doivent les trier à la source, sans seuil. |
| 1er janvier 2025 | Entrée en vigueur du tri des textiles | Les textiles rejoignent la liste des flux à séparer. |
Le décret 5 flux, socle de toutes les obligations
Le décret du 10 mars 2016 a posé le principe : un déchet composé majoritairement de papier, de métal, de plastique, de verre ou de bois doit être trié à la source, c’est-à-dire séparé là où il est produit. Les papiers de bureau ont une règle spécifique : l’obligation s’applique aux implantations qui regroupent plus de 20 personnes. Pour le détail du dispositif, consultez notre guide sur l’obligation de tri 5 flux.
Du 5 flux au 7 flux, puis aux textiles
Le décret du 16 juillet 2021 a ajouté deux flux issus surtout du bâtiment : la fraction minérale (béton, pierres, tuiles…) et le plâtre. Il a aussi programmé le tri des textiles au 1er janvier 2025. Les chantiers bénéficient d’une dérogation s’il est impossible d’y réserver au moins 40 m² de stockage, ou si le volume total de déchets reste inférieur à 10 m³ sur toute la durée du chantier.
Les biodéchets : la dernière marche, la plus large
Pendant longtemps, seuls les gros producteurs étaient visés : plus de 10 tonnes par an, puis plus de 5 tonnes au 1er janvier 2023. Depuis le 31 décembre 2023, le seuil a disparu. Bureaux avec cuisine, restaurants, cantines, commerces alimentaires : tous doivent séparer leurs restes alimentaires. Deux solutions sont admises, le compostage sur place ou une collecte séparée, assurée par la collectivité ou par un prestataire privé. Nous détaillons la démarche dans notre article sur la mise en conformité biodéchets.
Qui est concerné par l’obligation de tri ?
Le critère ne dépend pas de la taille de votre entreprise mais de la manière dont vos déchets sont collectés :
- Vos déchets sont collectés par un prestataire privé : vous êtes concerné, quel que soit le volume.
- Vos déchets sont collectés par le service public : vous êtes concerné si votre implantation produit plus de 1 100 litres de déchets par semaine, tous déchets confondus. Ce seuil s’apprécie par implantation, en cumulant les producteurs qui la partagent.
- Biodéchets : tous les producteurs sont concernés depuis le 31 décembre 2023, sans condition de volume.
Concrètement, 1 100 litres par semaine correspondent à moins de cinq bacs roulants de 240 litres remplis chaque semaine. Une PME de 40 salariés avec un espace de restauration atteint vite ce volume.
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Obtenir mon devisContrôles et sanctions : ce que vous risquez
L’attestation annuelle et l’audit
Chaque année, avant le 31 mars, l’entreprise qui collecte ou valorise vos déchets doit vous remettre une attestation. Elle indique les quantités en tonnes, la nature des déchets transférés l’année précédente et leur destination de valorisation. Son modèle est fixé par un arrêté du 21 décembre 2021. Conservez-la : c’est votre première preuve de conformité.
L’administration peut aussi vous demander un audit réalisé par un tiers indépendant. Vous disposez alors de deux mois pour le faire réaliser, puis de quinze jours pour transmettre le rapport.
Les sanctions prévues
- Amende administrative initiale : jusqu’à 15 000 €, accompagnée d’une mise en demeure (article L. 541-3 du Code de l’environnement).
- Si la mise en demeure n’est pas suivie d’effet : amende pouvant atteindre 150 000 €, et astreinte jusqu’à 1 500 € par jour de retard.
- Volet pénal : l’ADEME signale des peines pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende pour l’infraction pénale.
L’impact concret selon votre structure
Entreprises et TPE-PME
Dans des bureaux, les flux dominants sont le papier/carton, les emballages (plastique, métal) et les biodéchets de la salle de pause. L’enjeu principal est la place : un point de tri par étage ou par zone, plutôt qu’une poubelle par bureau, couvre l’essentiel des besoins. Les poubelles de tri 5 flux regroupent les principaux flux sur un seul meuble.
Exemple illustratif : une PME de 40 salariés répartis sur deux étages peut s’organiser avec un point de tri multi-flux par étage, un collecteur papier près de chaque imprimante et un bac biodéchets dans la cuisine. Soit quatre à six équipements, et non quarante.
Collectivités et administrations
Les collectivités sont doublement concernées. En tant que producteurs, leurs bâtiments (mairie, services techniques, écoles, cantines) sont soumis aux mêmes obligations qu’une entreprise, avec la règle des papiers de bureau au-delà de 20 agents. En tant que gestionnaires du service public, elles doivent aussi permettre aux habitants de trier leurs biodéchets, par compostage de proximité ou collecte séparée. Nous détaillons ces enjeux dans notre page dédiée au tri sélectif en collectivité.
Restauration collective et CHR
C’est le secteur le plus exposé aux biodéchets. Le ministère de la Transition écologique retient des ratios moyens de 140 g de biodéchets par repas en restauration commerciale, 100 g en restauration scolaire et 80 g en restauration de santé.
Exemple illustratif : un restaurant d’entreprise qui sert 300 repas par jour produit environ 42 kg de biodéchets quotidiens (300 × 140 g), soit plus de 200 kg sur une semaine de cinq jours. À ce volume, il faut des contenants dédiés en cuisine et en zone de débarrassage, et une solution de collecte régulière. Voir nos solutions de poubelles biodéchets pour la restauration.
Établissements scolaires
Un établissement scolaire cumule trois sources : la cantine (biodéchets), l’administration (papier) et les espaces communs (emballages). Exemple illustratif : un collège qui sert 400 repas par jour sur quatre jours génère environ 160 kg de biodéchets par semaine (400 × 100 g × 4). Le tri y a aussi une fonction pédagogique : une signalétique claire et des contenants identifiables par couleur facilitent l’adoption par les élèves.
Se mettre en conformité : par où commencer
Inutile de tout refaire d’un coup. La démarche tient en quatre étapes :
- Faites l’inventaire de vos flux : quels déchets produisez-vous, en quelle quantité et à quel endroit (bureaux, cuisine, atelier, accueil du public) ?
- Vérifiez votre mode de collecte : prestataire privé ou service public, et volume hebdomadaire. Cela détermine si vous êtes concerné et sur quels flux.
- Équipez les points de production : contenants adaptés à chaque flux, au bon endroit, avec une signalétique lisible.
- Organisez la preuve : contrat de collecte séparée, attestation annuelle avant le 31 mars, consignes communiquées au personnel.
L’étape 3 est celle où l’on se trompe le plus : contenants trop petits, mal placés ou mal identifiés, et le tri ne tient pas plus de quelques semaines. Notre équipe vous aide à dimensionner l’équipement selon vos locaux et vos flux. Demandez votre devis gratuit : un conseiller vous rappelle pour comprendre votre besoin.
FAQ : lois sur le tri des déchets en entreprise
Le tri sélectif est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?
Pour les biodéchets, oui, depuis le 31 décembre 2023. Pour les autres flux (papier/carton, métal, plastique, verre, bois, fraction minérale, plâtre, textiles), l’obligation s’applique si vos déchets sont collectés par un prestataire privé, ou si vous produisez plus de 1 100 litres de déchets par semaine en étant collecté par le service public.
Quelle est la différence entre le tri 5 flux et le tri 7 flux ?
Le tri 5 flux, issu du décret de 2016, concerne le papier/carton, le métal, le plastique, le verre et le bois. Le décret de 2021 y a ajouté la fraction minérale et le plâtre, d’où le terme « 7 flux ». Ces deux flux concernent surtout le bâtiment et les travaux.
Depuis quand le tri des textiles est-il obligatoire en entreprise ?
Depuis le 1er janvier 2025, en application du décret n° 2021-950 du 16 juillet 2021. Les textiles s’ajoutent aux autres flux à séparer à la source.
Qui délivre l’attestation annuelle de tri ?
C’est l’entreprise qui collecte ou valorise vos déchets. Elle doit vous la remettre avant le 31 mars de chaque année, pour les déchets de l’année précédente. Elle mentionne les quantités en tonnes, la nature des déchets et leur destination de valorisation.
Quelle amende en cas de non-respect du tri des déchets ?
L’amende administrative peut aller jusqu’à 15 000 € avec une mise en demeure, puis jusqu’à 150 000 € si celle-ci n’est pas respectée, avec une astreinte possible de 1 500 € par jour. Des sanctions pénales existent également.
Peut-on mélanger certains déchets dans un même bac ?
Oui, sous conditions. Certains flux peuvent être collectés ensemble si cela n’empêche pas leur valorisation ultérieure et si le résultat est comparable à une collecte séparée. Dans ce cas, ils doivent être triés après collecte. Votre prestataire peut vous dire quels regroupements il accepte.
Comment gérer les biodéchets sans cuisine professionnelle ?
Un bureau avec une simple salle de pause produit aussi des biodéchets (restes de repas, marc de café). Un bac dédié avec couvercle, vidé régulièrement, suffit souvent. L’évacuation se fait par compostage sur place ou par une collecte séparée proposée par votre collectivité ou un prestataire.













